Dans les rencontres d’Hédonia, nous avons reçu le jeune joueur rochelais Nathan Bollengier. A 22 ans , Nathan est sur le terrain depuis l’âge de 4 ans. Il revient avec nous sur son parcours sportif, et nous parle de sa passion, entre autre, pour la pêche !
Hedonia : Vous êtes rugbyman au Stade Rochelais, professionnel depuis 2023, mais vous avez fait toute votre carrière et toute votre jeunesse sur la pelouse du stade à La Rochelle. On va parler un peu de votre parcours. Vous êtes né en 2004, vous avez 22 ans et j’ai lu que vous aviez commencé le rugby à 5 ans ?
NB : Même 4. J’ai fait un stage à 4 ans au club pour commencer. C’est ma marraine qui m’a emmené. Et puis, je suis tout de suite tombé amoureux du terrain, de l’ambiance, des copains. Et voilà, ça m’a jamais quitté.
Hedonia : vous avez fait votre scolarité à La Rochelle. Vous vivez à La Rochelle, vous avez toujours vécu à La Rochelle ?
NB : Oui, j’ai grandi à Dompierre-sur-Mer jusqu’à mes 11 ans et après, j’ai déménagé avec mes parents à Angoulins. Et ensuite, je suis parti de là-bas pour aller vivre à Port Neuf avec les copains de ma résidence à Lafayette.
Hedonia : , pendant votre scolarité, vous avez évidemment continué le rugby. Ça se passe comment ? C’est-à-dire vous avez des entraînements, à partir de quand vous vous êtes vraiment dit : « Je vais en faire mon métier ».
NB : J’ai eu un parcours un peu différent des autres. Moi, j’ai pas fait le pôle espoir parce que mes parents voulaient que je continue un peu les études. Et c’est vrai que, c’était mieux pour nous de continuer à Fenelon , j’ai fait mon lycée avec des cours aménagés pour pouvoir quand même suivre les entraînements à l’académie avec le club. Mais voilà, j’ai pas fait le pôle espoir. Et c’est, je dirais presque à ce moment-là, où je me suis rendu compte que le rugby, c’était vraiment ma passion. Parce que dès que je sortais des cours, j’avais tout de suite envie d’aller à l’entraînement. Dès qu’on avait un peu de moments off, pareil avec l’école, j’allais directement m’entraîner. Je dirais que c’est en terminale peut-être que le fait de devenir professionnel a commencé à être clair dans ma tête.
Hedonia : Alors, pour ceux qui nous écoutent et qui ne seraient pas de La Rochelle, Fénelon, c’est un lycée à La Rochelle
NB : C’est ça.
Hedonia : Vous dites que vous aviez des cours aménagés, pour qu’on se rende compte, vous avez eu combien d’heures à peu près d’entraînement par semaine ?
NB : À ce moment-là, on s’entraîne du lundi au vendredi, de 15 h 30 jusqu’à 19 h 30, le lundi, mardi. Le mercredi, c’est l’après-midi de 14 à 16. On enchaînait l’académie et après l’entraînement le soir avec l’équipe moins de 18.
Hedonia : Et vous arrivez quand même à suivre une scolarité, donc à étudier en même temps ?
NB : Oui, c’est pas très facile. Moi, je suis pas quelqu’un qui est de base très concentré. J’étais un peu dissipé en classe, c’est pour ça, je pense que ça m’a aidé de pas être avec tout le groupe aussi en classe, d’avoir vraiment le côté cours et le côté rugby séparés. Et ça s’est plutôt pas trop mal passé. Je suis quelqu’un qui a beaucoup d’énergie. Le rugby, ça a toujours été un équilibre dans ma vie.
Hedonia : C’est que j’allais vous demander, ça vous a apporté quoi pendant votre petite enfance et puis après adolescence, le rugby ?
NB : Il faut savoir que moi, je faisais déjà en sixième, cinquième, trois sports. Je faisais du rugby, tennis et de la natation. Après, on en a gardé que deux, rugby, tennis. Au final, plus que le rugby, mais j’ai toujours énormément aimé bouger, que ce soit avec les copains, faire des City stade quand j’étais plus jeune, j’étais tout le temps dehors.
Hedonia : Et ça vous a forgé, ça vous a appris quoi, le sport ? Et le rugby en particulier.
NB : Ça m’a appris, je pense, à trouver ma place peut-être dans la société. Je suis quelqu’un qui est très stressé de base et le fait d’apprendre à gérer son stress devant tout le monde. C’est vrai que comme je te disais tout à l’heure, c’est un milieu où il y a des différences énormes entre tous les mecs. On apprend le respect des autres, le fait de savoir vivre en communauté. Je sais qu’il y a des gens qui ont du mal à s’intégrer peut-être et moi, ça m’a aidé. Oui parce que le rugby, c’est ce qu’on disait tout à l’heure avant que l’interview commence, ça a la particularité que les joueurs peuvent être grands, gros, minces, petits. Il y a tous les gabarits. Donc du coup, tout le monde, en fait, a sa place.C’est ça, tout le monde a sa place dans l’équipe, chacun a son rôle à jouer. C’est ça qui fait la force de notre sport aussi, je pense, c’est les différences de chacun.
Hedonia : Et dans le jeu du rugby, qu’est-ce qui vous plaît par rapport au tennis ? Par exemple, pourquoi avoir choisi rugby plutôt que tennis ?
NB : Je pense que du coup, c’est le fait que déjà, moi, ma famille est fan du Stade Rochelais depuis que je suis tout petit. J’ai commencé à aller voir les matchs à 3 ans. Je suis resté abonné pendant 12, 13 ans au club. Ma grand-mère, ça fait 55 ans qu’elle est abonnée. C’est une passion familiale.
Hedonia : Personne a joué, mais tout le monde est fan du Stade Rochelais. Vous devez être l’élu dans la famille.
NB : Non, parce que mes parents font en sorte que vous ne le soyez pas. Et puis, ça s’est décidé assez facilement. Pareil, le fait que ça soit un sport collectif, c’est hyper important pour moi.
Hedonia : Pourquoi ?
NB : Comme je te disais, le fait d’avoir une place, d’être important au sein d’un collectif, c’est quelque chose qui est important pour moi. C’est plus valorisant. Et puis, j’étais meilleur au rugby aussi qu’au tennis.
Hedonia : Tout à l’heure, vous avez dit que vous êtes quelqu’un de stressé et que le sport vous apprend à gérer ce stress. Mais là, maintenant, vous êtes donc professionnel depuis 2023. J’imagine qu’il y a quand même une pression supplémentaire. Ou pas ?
NB : Pas tant que ça. Avant les matchs, j’arrive quand même à pas trop être stressé. C’est plus à l’entraînement où des fois, j’ai des manques un peu de concentration, des manques de rigueur.
NB : Oui, moi, je suis un peu tête en l’air de temps en temps. Mais au niveau du stress, pour te donner un exemple, là, j’étais en exam depuis aujourd’hui et je suis hyper stressé par rapport à l’exam.
Hedonia : Et vous faites, vous faites quoi comme études ?
NB : Je suis en titre pro ouvrier du paysage. J’ai sur trois jours là toutes mes épreuves sur, de la maçonnerie, de réaliser un ouvrage paysagiste.
Hedonia : C’est intéressant parce que tu te rends compte que vous jouez en professionnel, mais malgré tout, à côté, vous continuez à étudier , à vous assurer. C’est un plan B ou pour travailler après ?
NB : C’est un plan B. Moi, j’ai toujours rêvé après de partir en architecte extérieur pour faire, travailler avec les maisons, avec les les agences immobilières pour faire de la conception de jardin. Et ma mère est paysagiste, j’ai bossé pas mal avec elle quand j’étais plus jeune aussi. C’est pour préparer un peu ce projet après carrière. Là, on est obligé en plus nous de faire jusqu’à vingt-deux ans, jusqu’à signer un un contrat professionnel qu’à partir de vingt-trois ans. On peut pas, c’est la limite d’âge, il y a une limite d’âge, enfin de vingt-deux ou vingt-trois ans en fonction des années. Mais on peut pas avant, on est en contrat espoir, on est obligé de faire des réunions de ligue et d’avoir des cours. Ce qui est bien.
Hedonia : C’est dans tous les sports pareil ou juste au rugby ?
NB : Je pense pas. En tout cas, dans le rugby, c’est comme ça. Mais ça vous permet, je pense, de garder les pieds sur terre aussi.
Hedonia : C’est sûr.
NB : Il y a des mecs qui ont tendance à oublier qu’il y a autre chose dans la vie que le rugby. Et c’est important de se détacher. Enfin moi, c’est quelque chose pour moi qui est super important de se détacher de l’environnement rugby et puis de faire complètement autre chose à côté, pour se déstresser aussi, c’est un équilibre.
Hedonia : Nathan, vous vous êtes blessé.
NB : Oui.
Hedonia : vous êtes blessé aux ischio-jambiers, c’est ça ?
NB : C’est ça.
Hedonia : C’est une grosse blessure ?
NB : pendant un an et demi, j’ai été blessé. Du coup, j’ai fait sept lésions ischio.
Hedonia : Ah oui, quand même.
NB : Oui, ça a été une année vraiment compliquée l’année dernière. Je revenais, je faisais un ou deux matchs, que ce soit avec du coup l’équipe pro, j’avais fait les moins de vingt. Et ça avait jamais tenu. J’ai changé pas mal de choses dans mes routines. J’ai fait aussi un centre de rééducation à Clairefontaine, dans le football. Et voilà, ils m’ont énormément aidé à trouver une routine propre à moi-même, propre à mon corps. Et là, j’ai été pendant trois mois victime d’une entorse du lisfranc au pied. Et c’était vraiment galère de revenir. Je me suis fait infiltré. C’est vrai que ça fait deux ans que je suis pas épargné par les blessures. Mais bon, ça fait aussi partie du sport. Je pense que ça me forge encore plus cette envie qui est en moi de tout donner quand je suis sur le terrain, parce que j’ai j’ai pris conscience assez jeune de la chance que j’ai de pouvoir réaliser tout ça, de pouvoir vivre mon rêve au quotidien, de m’entraîner avec les pros, de jouer des matchs à Deflandre. C’était vraiment mon rêve ultime de marquer un essai ici, Et puis ça m’aide à garder entre guillemets les pieds sur terre, à me dire que tous les jours, qu’on n’est pas blessé, dès que ça va bien autour de nous, on a une chance qui est énorme.
Hedonia : Oui, puis ça vous permet effectivement de comprendre que ça peut s’arrêter et d’apprendre à jouer, à anticiper l’après.
NB : Oui complètement. Et c’est pour ça que moi, je me concentre pas que sur ça. J’ai pas mal de passions à côté qui sont très importantes pour mon équilibre. Et puis les cours, le fait de préparer aussi cette après-carrière, c’est important.
Hedonia : Une journée d’un jeune rugbyman, ça ressemble à quoi ?
NB : je me réveille vers huit heures. Je suis pas du matin.
Hedonia : Vous vous levez à huit heures ?
NB : Oui, mais le petit déjeuner, généralement, c’est entre huit heures et neuf heures. Donc j’arrive là-bas à huit heures et demie, je déjeune assez rapidement. À neuf heures, on a des réunions. On commence l’entraînement vers dix heures jusqu’à onze heures et demie, midi. Et après, l’après midi, on a généralement une séance de musculation jusqu’à quinze heures. Là, en ce moment, moi, j’allais en cours après. Et sinon, j’ai une grosse passion qui s’est développée pour la pêche. Depuis un an maintenant, je suis rentré dans une marque d’un copain à moi, à Marans. Et c’est vraiment un échappatoire énorme. Le fait de, de penser à rien, d’être au bord de l’eau, en lien avec la nature aussi.
Hedonia : Mais c’est limite méditatif, la pêche, non ?
NB : Non, pas celle de la pêche aux leurres, nous on n’est pas posés non plus. Mais oui, on part souvent en bateau. C’est des moments qui sont géniaux.
Hedonia : Et c’est considéré comme un sport ou pas la pêche ?
NB : On pratique la pêche sportive, on appelle ça. Après, de là à vous dire que ça en est un. J’ai rencontré plein de personnes qui sont en fait vraiment passionnées par la pêche et c’est leur vie en fait. On se rend compte qu’il y a un tas de passion, la pêche, la chasse. Moi, j’ai un copain qui travaille assez allègrement, il travaille beaucoup, beaucoup. Et c’est vraiment son échappatoire dans la vie. Dès qu’il sort, il va tout de suite à la pêche. Et c’est ce qui permet de garder un équilibre dans sa vie. Sans ça, il aurait, enfin, je pense qu’il aurait complètement perdu les pédales. Et j’ai rencontré des gens géniaux, en fait, dans ce milieu-là où je trouve que les gens sont un peu différents. Il y a une facilité à aller vers les autres. On se prend pas tête, en fait.
Hedonia : Vous êtes un jeune homme passionné parce que toutes les activités que vous faites, c’est par passion.
NB : Oui complètement. Toujours. Toujours, toujours.
Hedonia : C’est le mieux pour réussir sa vie. Vous êtes bien entouré, vous parliez de votre maman qui est paysagiste. Quand on est jeune sportif comme ça, il faut un entourage assez sain et ancré pour avoir justement cette rigueur, cette discipline, pas partir dans tous les sens.
NB : C’est sûr. J’ai énormément de chance d’avoir une famille qui est géniale, que ce soit mon petit frère, mes parents, qui m’ont énormément accompagné, toujours soutenu. Et la deuxième chance que j’ai, c’est d’avoir une copine qui est exceptionnelle et des amis aussi que j’ai depuis tout petit. Ça fait avec mon groupe de potes plus de dix ans qu’on se connaît.
Hedonia : Ils font pas forcément du rugby ?
NB : Il y en a aucun qui fait rugby. Et c’est ça qui est cool. C’est que comme je le disais, j’ai grandi dans un environnement hors rugby et ça m’a permis de détacher par apport aux jeunes qui étaient au pôle, ils étaient tous potes entre eux, mais ils avaient personne quasiment à côté. Et c’est le fait de pouvoir décrocher. En plus, mes amis, ils savent que j’aime pas trop parler de rugby en dehors, etc. Et du coup, on parle d’autres choses, on se prend pas la tête, on fait des belotes en ville…
Hedonia : C’est ce que j’allais vous demander, parce que forcément, La Rochelle, c’est la ville du rugby. Vous arrivez à sortir quand même avec vos potes, aller boire un coup sans être embêté etc?
NB : Oui, oui, je suis pas encore très connu. J’espère que ça restera comme ça. Les gens sont géniaux à La Rochelle. Il y a toujours eu des mots gentils quand on croise des gens passionnés. En plus, je comprends d’autant plus que j’ai été supporter passionné de tous les joueurs. J’étais le premier à être hyper content quand je prenais une photo avec un joueur, quand juste, on me prenait une seconde pour me demander si j’allais bien,
Hedonia : Si vous voyez un petit garçon qui vient vous demander une photo, vous n’allez pas le envoyer balader.
NB : Non non, c’est sûr. Mais c’est quelque chose qui est hyper important pour moi d’être proche aussi avec les supporters, avec eux, parce que c’est aussi eux qui sont là tout le week-end, qui nous donnent la force de continuer, de gagner des titres.
Hedonia : On ressent quoi quand on rentre dans un dans un stade et qu’on voit tout le monde debout ? Est-ce que vous pensez que ça peut être comparé, aux artistes qui vont sur scène, De l’extérieur, ça donne un peu ce côté-là ?
NB : Oui, c’est franchement génial. Moi, j’adorais déjà ces moments-là en tant que supporter. Le fait d’avoir une foule en délire. J’ai l’exemple de ce match contre Exeter à Bordeaux, où il y avait trente-cinq mille Rochelais dans le Matmut et le stade en jaune et noir, c’était un moment qui m’a vraiment marqué. C’est vrai que j’ai pleuré quelques fois au moment de de faire l’entrée des joueurs. C’est des moments qui sont toujours hyper émouvants. Et c’est sûr, cette ferveur, on a une chance énorme de jouer pour ce club, d’habiter dans une ville comme ça où tout le monde se connaît, on a la mer, il y a tout, c’est génial.
Hedonia : Vous écoutez évidemment de la musique. Hedonia, on a une petite radio où on passe pas mal de musique. Vous écoutez quoi ?
NB : J’écoute un peu de tout. J’écoute aussi bien de la variété française, du rock, du rap, comme un peu tout le monde. Mais en ce moment, j’écoute plus du rock. Je suis plus sur les Red Hot. C’est une petite passion qu’on a avec ma copine. C’est notre groupe préféré. Et puis c’est vraiment un groupe qu’on adore.
Hedonia : Et au niveau cinéma, vous sortez, vous aimez bien ? J’aime bien. J’aime pas me prendre la tête au niveau du cinéma.
NB : Je suis très films enfants. Philippe Lacheau, moi, ça me va très bien. J’ai été voir Marsupilami il y a pas longtemps et j’ai bien rigolé.
Hedonia : Oui, il est plutôt réussi.
NB : Oui, carrément.
Hedonia : Alors, on va se quitter en chanson. vous choisissez, j’imagine les Red Hot alors du coup ?
NB : Non, j’ai choisi du coup Bell Of Broadway de Bon Jovi. C’est une musique que j’adore. Elle a tout.
Hedonia : Ecoutez, on se quitte avec Bon Jovi et on vous souhaite une longue carrière en rugby, en pêche et comme architecte paysagiste.
NB : Merci beaucoup.
Hedonia : Merci Nathan.

