Une aventure humaine et engagée contre la pollution plastique.
Morgane Kerdoncuff, responsable des escales de Plastic Odyssey, nous emmène au cœur d’une expédition maritime unique autour du monde. Entre rencontres inspirantes, solutions concrètes et engagement pour l’océan, découvrez comment ce projet international agit chaque jour face à l’urgence environnementale.
- Hedonia , Félix Koehl: Aujourd’hui sur HEDONIA Radio, on embarque pour une discussion autour de l’engagement environnemental et des solutions concrètes face à la pollution plastique.Et pour en parler, nous recevons Morgane Kerdoncuff, responsable des escales chez Plastic Odyssey, est un projet qui parcourt le monde pour rencontrer, soutenir et développer des initiativeslocales contre les déchets plastiques.Est-ce que vous pourriez nous présenter le projet Plastic Odyssey en quelques mots?
- Morgane Kerdoncuff : Alors, Plastic Odyssey, c’est une expédition maritime qui est partie en octobre 2022 pour un tour du monde de trois ans pour aller explorer des solutions concrètes et pragmatiques face à la pollution plastique. Donc, on a traversé quarante-cinq escales et à chaque fois, notre objectif était de trouver, documenter et partager un maximum de solutions, pour éviter, l’usage du plastique à usage unique. Donc, des solutions alternatives, des solutions de réduction, et ensuite travailler sur, des systèmes adaptés aux pays traversés de gestion des déchets. Parce que malheureusement, il y a beaucoup d’endroits où on s’est arrêté dans le monde où il y a pas de système de gestion des déchets. Et donc on a essayé de trouver des solutions de valorisation des déchets plastiques pour éviter qu’ilsse retrouvent dans l’environnement.
- Hedonia : Après ce retour en France et après tout ce chemin parcouru dans le monde, de quoi êtes-vous le plus fière ?
- Morgane : Alors, ce tour du monde, parmi les enseignements qui nous donnent beaucoup d’espoir, c’est que des solutions concrètes, il en existe énormément. Donc, on a rencontré plus de trois cents initiatives à travers le monde, des gens qui concrètement au quotidien apportent des solutions, font des choses, se relèvent les manches.Donc ça, c’est vraiment, le message d’espoir qu’on, qu’on veut porter. Ce tour de France qu’on fait pendant quelques mois, là, dans différents ports français, c’est pour justement partager tout ça et montrer à l’échelle individuelle qu’il est possible d’agir et que des solutions existent.
- Hedonia : Pendant cette expédition, qu’est-ce qui vous a le plus bouleversée humainement, quandvous voyez la vie dans un pays avec tout ce plastique, qu’est-ce qui vous a vraiment le plus choquée?
- Morgane : Moi, j’ai été bluffée par certaines rencontres de gens qui ne vivent avec rien du tout, mais qui pour le coup, tous les jours, se relèvent les manches et essayent à leur échelle de trouver des solutions. Ça, je trouve que ça apporte beaucoup d’humilité, d’inspiration aussi. Se dire qu’il y a plein de héros de l’environnement un peu partout dans le monde qui font des choses. Donc, on ne peut pas, nous, ne rien faire. Et ça donne envie de s’engager encore plus dans ce combat.
- Hedonia : Avant ce tour du monde de trois ans et demi qui est quand même une longue durée, qu’est- ce qui vous, vous a poussé à venir du coup sur ce bateau et à réaliser ce tour du monde ?
- Morgane : Je pense que la première étape, pour avoir envie de s’engager dans ce genre de choses, c’est d’apprendre à connaître et aimer, l’environnement et notamment l’océan.Et c’est énormément ce qu’on essaye de faire, nous, avec les plus jeunes. Donc, on a un, un programme pédagogique qui est déployé auprès de pas mal de plein d’écoles unpeu partout dans le monde et en France. Là, à La Rochelle, on a quasiment deux cents enfants qui suivent ce programme-là.Et l’idée, c’est de montrer aux jeunes ce qu’on a à gagner à protéger cette biodiversité, à protéger cetocéan et leur montrer que, en fait, on est chacun on peut, à notre échelle, chacun apporter nos pierres à l’édifice.Donc ça, c’est un truc qu’on a vraiment envie de porter comme discours auprès des plus jeunes. Et je pense que si moi, aujourd’hui, je me retrouve dans ce bateau, et c’est le cas à mon avis de tout l’équipage, c’est parce que plus jeunes, on a été sensibilisés à cette cause, parce qu’on nous a appris à aimer l’océan la biodiversité marine et que derrière, c’est ces graines plantées il y a plusieurs années qui, aujourd’hui nous amènent là où on est.
- Hedonia : Vous, qui gérez les escales, je pense qu’il y a eu des choix à faire. Comment vous avez réussi à choisir tous ces pays ?
- Morgane: Quand on a préparé le tour du monde, du coup, il y a quatre ans, on est partis de données. On a croisé des données à la fois de problèmes de gestion des déchets. Donc, quels sont les pays les plus émetteurs de pollution plastique littoral ? Et ça, notamment lié à un manque d’infrastructures de gestion des déchets, couplé à des données de consommation, donc des consommations liées à la population, donc densité de population, etc.En croisant tout un tas de données qui sont disponibles en, en open source sur toutes les bases de données publiques.En partant de ça, ça nous a permis d’avoir un premier brouillon de tour du monde avec une trentaine d’escales.Ensuite, on l’a affiné en fonction d’initiatives qu’on avait déjà repérées et qu’on voulait absolument documenter, de personnes qu’on voulait rencontrer ou de situations un peu spécifiques qu’on a voulu aller voir, de nos propres yeux. Par rapport à ce, on va dire, ce cheminement ce cheminement idéal, on a ensuite enclenché tout un tas de démarches pour pouvoir se rendre sur ces pays d’escale. Et par moments, on a eu des soucis d’autorisation qui ont fait que le bateau va plus s’arrêter. Mais voilà, c’est un peu comme ça que ce tour du monde s’est designé.
- Hedonia : Très bien. Et du coup, avec toute cette équipe, il y a trois ans, vous ne saviez pas avec quivous partiriez pendant cette longue durée. Est-ce que pour vous, c’est un peu devenu votre deuxième famille ?
- Morgane : Oui, je pense qu’on peut dire ça. Effectivement, on a partagé énormément d’expériences dans des endroits, parfois très, très reculés, à huis clos, avec cet équipage. On est une vingtaine à vivre à bord du bateau. Donc oui, on peut dire que ces trois ans et demi nous ont, bien soudés et qu’aujourd’hui, c’est un peuune deuxième famille pour l’équipe.
- Hedonia : Est-ce que vous auriez un, un mot de fin à dire, par exemple, pour tous les prochainsvisiteurs ou alors pour toutes les personnes qui entendront parler de Plastic Odyssey ?
- Morgane : Alors, le bateau, il est à La Rochelle en escale et il y a pas mal d’activités qui sont organisées pour mieux connaître et pour venir à la rencontre de l’équipage et du projet. Des projections, des visites, le village au pied du bateau, une exposition au Musée maritime.Donc ça, j’invite tous les les auditeurs à se joindre à cette escale et à participer.Et après, plus globalement, dans la durée, ce projet c’est une structure associative, donc, qui est toujours à la recherche de soutiens, de bénévoles, d’adhérents. Donc, on est en train de constituer un, un grand équipage, l’équipage d’Emile, qui sont des gens qui sont prêts à aider Plastic Odyssey. Toutes les informations sont disponibles sur le site Internet, mais ça peut être par l’organisation d’événements, par l’organisation de projections, de débats ou d’activités sur le terrain.On est très preneurs de soutien et il ne faut pas hésiter à se renseigner là-dessus.
- Hedonia : Merci Morgane Kerdoncuff, responsable des escales, de nous avoir reçus.

