Rencontre avec Fred Franchitti de Astonvilla

Fred Franchitti, le fondateur du groupe Astonvilla se livre sur Hédonia Radio.

On a profité du passage d’Astonvilla au Crossroad en décembre pour passer en revue avec lui 30 ans de carrière rock.

On va aussi parler production musicale car Fred est depuis peu patron du label Delco Music installé à La Rochelle.

 

Hédonia Radio : L’amour de la musique, ça a commencé très tôt chez vous.

Fred Franchitti :  J »avais pas spécialement l’amour de la musique. Moi, j’avais l’amour du football et mes parents ont eu plus l’amour de la musique que moi en m’inscrivant au conservatoire de piano classique à l’âge de six, sept ans. J’ai fait cinq ans de conservatoire de piano, avec un bras et demi, donc je vois pas l’intérêt, mais [rire] sur le moment, je comprends pas. Et plus de trente ans après, je les remercie.

Hédonia Radio : Effectivement, vous le signalez, il vous manque la main gauche. Notre parrain, c’est Philippe Croizon, donc on est bien sensibilisé au handicap et effectivement, faire du piano, avoir un prix de conservatoire aussi, avec une main en moins, c’est un bel exemple de dépassement, comme on aime les voir avec Philippe

Fred : Ça dépend d’une rencontre. Moi, j’ai la, la chance d’avoir rencontré une professeure de piano qui a voulu relever le défi. Pour la petite anecdote, quand mes parents déménagent et que je quitte cette région, en banlieue parisienne, à Longjumeau, je quitte le conservatoire et ma mère m’inscrit dans un nouveau conservatoire. Et là, le directeur du conservatoire lui dit : « On n’a pas de professeur pour handicapés. »

Hédonia Radio : Oh là là ! C’était il y a quarante ans. On espère que ça s’est amélioré. En tout cas, on essaye de communiquer là-dessus et effectivement – on va le dire aux profs, ce n’est pas parce qu’il manque une main qu’on ne peut pas faire de piano.

Fred : Mais oui, challengez-vous, les gars. [rire] 

Hédonia Radio : On va parler des trente ans de carrière, parce que vous faites aussi une rencontre avec un guitariste, Hocine, avec qui vous allez monter un petit groupe. Et vous l’avez dit, vous aimiez le foot, alors le groupe porte un nom de club anglais…

Fred : Aston Villa. Alors au début, J’ai déjà un groupe de rock et, je deviens chanteur d’un premier groupe de rock qui s’appelle Dax Stav. J’ai quatorze ans, je suis en quatrième ou troisième au collège. Deux, trois ans après, en arrivant au lycée, je rencontre Hocine. Il est en première, moi en seconde. On devient amis et puis on décide de faire de la musique ensemble.

Et avant qu’Aston Villa naisse, il va s’écouler quand même dix ans. Histoire de concocter cet univers et puis de trouver notre style.

Le premier groupe on répétait le samedi chez Jean-Marc, le clavier à l’époque, qui avait une pièce adaptée,. Tout un grenier dédié à la musique. C’était quand même cool. Et moi, la seule envie, le week-end, c’était de m’enfermer là-dedans avec les copains pour faire de la musique.

Hédonia Radio : vous écoutiez qui… vous rêviez de ressembler à qui ?

Fred : Bonne question. Waouh ! [rire] À l’époque, c’est une grosse période. Il y a la fin des années soixante-dix, donc il y a un mélange entre Led Zepp, il y a Prince qui arrive, qui est aussi un choc, puisque je me rappelle avoir été acheté son premier vinyle.. Ça va dans tous les sens. Il y a ACDC, Bob Marley en même temps… [souffle] C’est des extrêmes, mais c’est parce que il n’y a que de l’émotion.

Et pour moi, la musique, c’est ça, c’est juste de l’émotion.

Hédonia Radio : Aston Villa, 1994, les premières scènes, paraît-il ?

Fred : Première scène au Plan, à Ris-Orangis, grâce à Didier Veillaud, qui était le programmateur de cette célèbre salle qui existe toujours. Ce monsieur nous permet de faire cette première partie des Silencers. On ne s’appelle pas encore Aston Villa, on s’appelle Automatic [rire] un nom complètement pourri. Grâce à ça on signe un contrat de maquette de six mois et là, on a six mois pour composer, enregistrer le maximum de chansons.

On va enregistrer une quinzaine de chansons et à la fin de cette période, la maison de disque va décider ou pas nous faire un contrat d’artiste. On ne met pas non plus comme ça des centaines de milliers de francs à l’époque [rire] et puis c’est bon, on signe. Ça marche.

Hédonia Radio : Premier album, Aston Villa, avec Bonne Nouvelle. Elle raconte quoi, cette chanson ?

Fred : Je crois qu’à l’époque, il y avait un sujet en France, qui était la vaccination ou pas, contre l’hépatite. Il y avait le sida, évidemment. Mais on savait qu’à l’époque, il n’y avait pas de remède contre le sida. Et puis, finalement, cette chanson est réapparue en 2020 avec le COVID, avec cette épidémie de COVID19.Il y a des chansons comme ça, de ce premier album, qui vont traverser le temps.

Hédonia Radio : Grâce à ce titre, vous allez enchaîner des centaines de concert, des premières parties de grands groupes comme ZZ Top, Deep Purple

Fred :  Joe Cocker, Bryan Adams, plus tard, il y aura Alanis Morissette. Mais ça suffit pas. On vend pas suffisamment de disques, donc on se fait remercier. Aussi parce qu’à la tête de BMG, à l’époque, c’est le changement. Il n’y a plus les grands directeurs artistiques amoureux de la musique. Ils sont remerciés et arrivent des financiers, des marketeurs des écoles de commerce.Et là, tout le monde, tout le monde valse. Il n’y a pas que les artistes. Je me souviens que Indochine, aussi est remercié. Et on se retrouve dans la même maison de disque.

Hédonia Radio : Donc, vous trouvez facilement une nouvelle maison de disque, pour un nouvel album, Extraversion avec « L’âge d’or », elle raconte quoi cette chanson ? 

Fred : Alors l’idée de la première phrase qui donne une date, qui est « 7 juillet 2008 », c’est vraiment une symbolique d’un futur qui n’est pas très lointain, qui n’est pas très proche non plus, mais qui est à moyen terme. On se projette à neuf, dix ans. C’est quand même pas mal. Aujourd’hui, c’est quand même vachement dur. On ne se projette plus. [rires] Donc c’est un privilège. Avec Hocine, j’avais proposé l’idée de commencer la chanson par une date, en m’inspirant d’une bio sur Victor Hugo, qui s’était lancé dans l’écriture de pièces de théâtre et qui en avait commencé une par une date. Et j’avais trouvé ça très original. Donc, on s’est battus sur la rime entre 07 juillet 2007 ou 2008 mais ça représente pas grand-chose, finalement.

Hédonia Radio : Cet album trouve son public mais la maison de disque en veut encore plus. Et encore une fois, on vous remercie. 

Fred : [rires] Deuxième fois. Là, c’est dur. On est remercié, mais on est remercié avec un chèque. Donc ça, je devais pas le dire à l’époque parce que c’était confidentiel. Maintenant, je peux le dire, il y a prescription. Ce qui nous permet d’imaginer qu’on va produire le live acoustique. Et on, on prend ce budget en se disant : « on va remercier les fans des deux premiers albums et puis on va enregistrer un live acoustique. » Mais avant de pouvoir produire cet album, la troisième maison de disque qui arrive, c’est Naïve. Elle nous dit : « nous, on prend votre projet de live acoustique ».Il y avait un patron à l’époque, qui guettait Astonvilla et qui attendait qu’on soit libre contractuellement.

On organise un concert sur trois soirs, qui va être enregistré en live par Dominique Blanc-Francard (ndlr : ingénieur star de l’époque – père de Sinclair) qui voulait travailler avec nous, donc on était honoré. Et qui nous fait un prix aussi, et qui décide de brader sa rémunération. Donc pendant trois soirs, on va enregistrer le même concert et va être extrait les meilleurs passages, de ces trois concerts.

Hédonia Radio : Et là, boum, Victoire de la musique, artiste découverte de l’année, décerné par le public. Un petit pied de nez aux maisons de disques.

Fred : [rire] Évidemment, parce que là, ça nous tombe dessus. Moi, j’y crois pas une seconde à cette version violon,parce qu’on a déjà la tête dans le troisième album studio, « Strange ». Donc, on n’est pas du tout prêt à, à ce qui va nous tomber sur la tête. C’est une récompense. Ça veut dire aussi qu’il y a un public derrière, qu’on a réussi à fédérer déjà en deux albums.

Hédonia Radio : On ne va pas voir les gens des maisons de disques avant en leur disant : vous êtes fiers de nous avoir lâchés ?

Fred : Mais non, ça n’a aucun intérêt.

Ce n’est pas le souci d’un artiste d’être revanchard ou d’aller voir les gens qui n’y ont pas cru. On n’est pas du tout dans cet état d’esprit. On savoure. 

Hédonia Radio : Et pourtant Strange, je le trouve un peu plus sombre.

Fred : Il n’était pas très optimiste. Au contraire. Strange, il est plus sombre parce qu’il s’enregistre la nuit, peut-être. [rire] Il s’enregistre la nuit parce que le studio est moins cher la nuit. [rire] Oui. Ça s’enregistre toujours aux studios Ferber, mais … Il y a un line-up qui a changé dans le groupe à ce moment-là et on ne s’entend pas tellement humainement. Donc, il y a deux groupes dans le groupe, et là, il y a des frictions. Donc, ça s’entend sur la bande. C’est un peu serré du cul, c’est tendu, il faut le dire. Et voilà, peut-être le côté sombre. Je suis assez d’accord avec toi, Fabien.

Hédonia Radio : J’aimerais qu’on parle d’un ovni, Slow Food.

Fred : Alors, c’est un menu du célèbre chef cuisinier Pierre Gagnaire, qu’on rencontre lors d’une émission grâce à Jean-Louis Foulquier. C’est marrant qu’on parle de Jean-Louis Foulquier alors qu’on est à La Rochelle. C’est un monsieur qui a beaucoup compté, qui aimait beaucoup les artistes et qui avait le nez. Et on a l’occasion de rencontrer Pierre Gagnaire et en sympathisant, tout simplement, l’idée va naître après, en se disant : Tiens, il y a l’exception culturelle française qui est dans l’air du temps, pourquoi pas la mettre en avant à travers la gastronomie française ? L’idée, c’est de faire lire un menu de Pierre Gagnaire, un menu de printemps, par des grandes voix. Donc, il y aura Zazie, Jean-Louis Aubert, Alain Bashung, Lofofora, les Robins des Bois, Jean-Pierre Koff…Il y a un truc qui est assez original puisqu’on fait que la musique et on n’a pas gardé les droits, on les a reversés pour l’association Slow Food. Slow Food, c’est un art de vivre, c’est une philosophie. Et suite à Slow Food, je rencontre Jean Fauque. Et là, c’est une vraie rencontre d’auteur. Donc, je lui demande d’écrire le texte de Prière. Là, il y a un choc. 

 Hédonia Radio : En 2005, vous revenez avec de nouveaux musiciens, pour « De jour comme de nuit ».

Fred : Ça se passe super « De jour comme de nuit ». C’est un très très grand album, qui était enregistré sous la houlette de Daniel Presley, qui a fait Dionysos, qui a fait Cali, en enregistrement en Angleterre. On apprend beaucoup de choses de cette personne, en matière de recording, de réalisation.

C’est un album qui est quand même sombre aussi, mais il y a toujours ça, un petit peu, dans l’écriture d’Astonvilla. Ça oscille toujours entre l’optimisme et le réalisme aussi de la photographie des époques qu’on traverse. Un album, c’est toujours une photographie, c’est toujours un polaroïd.

Donc, il y a une chouette équipe à cette époque-là. C’est vraiment un album que j’aime beaucoup. Ça donne un petit succès avec Regarde-moi.

Hédonia Radio : Après cet album, vous marquez une une petite pause [rire] de dix ans.Il y a de la scène, il y a des choses quand même. Et vous créez votre propre label, Twicky Records, et en 2014, vous sortez Joy Machine.

Fred : C’est ça. C’est un peu système D. Twicky Records, il n’y a pas de moyen. C’est vraiment un copain qui a un peu un petit billet et qui m’encourage à reprendre la musique. Parce que, pendant cette pause, moi, j’ai envie de vivre d’autres choses que la musique. Il y a un petit peu des déceptions. Il y a eu un live électrique qui clôture. C’est fatigant la route. Et puis on a atteint un plafond de verre mais on est des artisans, on continue. On aime la musique, on y croit toujours.  C’est un peu la colonie de vacances d’être dans un groupe. C’est une vie qui est très agréable, mine de rien. C’est privilégié, il ne faut pas déconner. On ne va pas à la mine, on ne va pas au charbon. Je développe du coaching scénique. Donc j’accompagne des artistes dans le sud de la France, où j’habite à cette époque-là, à Marseille. Et puis, j’aime bien transmettre mon expérience. Et là, c’est très gratifiant. On est aussi récompensé par un prix de la SACEM pour notre carrière.

 

 

Il se passe plein de choses, mais je n’écris plus, je n’ai plus envie de chanter.

Un pote me pousse à entreprendre, monter un label et puis sortir un nouvel album, Joy Machine, qui sera enregistré en banlieue parisienne, à Montreuil. Il est ce qu’il est.  La voix plus posée, moins chantée, moins de guitare. Il y a toujours eu un petit peu d’électro, un petit peu de séquences dès le départ, mais là, c’est un peu plus marqué. La basse est mise en avant, la voix est mise en avant et puis une nouvelle façon d’écrire. Donc, ça va peut-être désarçonner les fans du départ, qui vont trouver ça moins métal, moins rock, mais nous, on s’est fait plaisir.

Hédonia Radio :  Et encore dix ans se passent avant Superperspective.

Fred : J’avais envie de vivre autre chose encore. C’est-à-dire que, je rêvais de devenir cuisinier. Voilà, donc, je me forme à la cuisine, sur le tas, dans un restaurant. Je suis commis, je prépare les entrées, les desserts, je fais la vaisselle, la plonge.Pendant cinq ans, je vais faire ça. En 2019, on me propose d’être associé dans un restaurant à Marseille. Et voilà, j’ai les clés du restaurant quinze jours avant le Covid, avant la fermeture. Oh la la ! [rires] Donc ce n’est pas un super timing. Je le raconte sur scène, mais c’est comme ça. Ça a été un an et demi, en tout cas, en tant que cuisinier dans mon propre restaurant, qui était une expérience hyper riche et très intéressante, parce que la cuisine et la musique, c’est un peu la même chose, c’est du partage. C’était de la bistronomie, avec des petites pointes d’ailleurs, mais la cuisine ça a toujours été une passion. Le lieu même de la cuisine, c’est un endroit qui est tellement convivial, où on aime discuter en préparant des choses, en buvant l’apéro. Et puis j’ai grandi dans une cuisine avec des femmes, ma grand-mère, ma mère, mes tantes. Donc voilà, c’est un lieu privé, c’est un lieu qui me parle depuis toujours.

Hédonia Radio : Qu’est-ce qui vous fait dire : Allez, il faut que je réécrive, il faut que je remonte sur scène ?

Fred : C’est la fin d’une collaboration. C’est la fin d’une association au niveau de la restauration et je vis avec quelqu’un à Paris. Donc, en fait, je remonte à Paris et elle me dit : Viens, arrête ta cuisine avec ton bras et reviens faire de la musique, c’est ce que tu sais faire le mieux.

Hédonia Radio : Ça vous avait manqué ? 

Fred : Oui, mais je ne me rendais pas compte. Donc, en retrouvant Greg et Tonio, je leur dis : Bon, on va commencer à refaire des petits concerts, juste pour le fun. Et il y avait du plaisir de se retrouver. Il y a l’envie de retrouver les copains, et on se dit : On va faire des chansons. Si c’est bon, on fait un album. Si ce n’est pas bon, ça n’a aucun intérêt. J’aime beaucoup le premier morceau qui va nous décider à continuer à faire cet album, c’est Harem japonais qui est un peu un ovni. Il y a toujours des ovnis dans nos albums. C’est aussi très intéressant pour nous de ne jamais refaire ce qu’on a fait précédemment, mais de faire…On fait des albums pour expérimenter, pour se surprendre.

 Il y a aussi, Splendore Evolution.Petite résonance avec Raisonne. C’était « Je suis tellement jeune et belle avec les cheveux longs » et… [rires] 30 ans après, ça donne « Je suis vieux et moche et tout se casse la gueule. » Moi, j’aime beaucoup cet album. J’ai mes préférences, mais j’adore cet album….Je crois que tout le monde l’aime dans le groupe. Les fans aussi aiment beaucoup cet album.

Hédonia Radio :  On vient de retracer trente ans de carrière, vous avez vu le monde de la musique évoluer, quel regard vous portez maintenant sur ce qu’est devenue la musique ? Avec l’informatique, c’est plus facile de faire au moins une maquette, mais c’est déjà bien abouti, en revanche, il a 1000 concurrents là où il n’en avait que cent avant quoi.

Fred :  C’est vachement dur et à la fois, c’est tellement foisonnant et tellement riche aujourd’hui. Il n’a même pas 1000 concurrents, c’est 100000. Et les jeunes artistes aujourd’hui sont vachement plus pointus, véloces, plus techniques que lorsque nous, on avait leur âge. Maintenant, peut-être qu’ils sont moins musiciens, mais je ne suis pas sûr.

En fait, le niveau, la technologie a progressé. En revanche, je ne suis pas sûr qu’au niveau de l’écriture, je parle des textes, on soit gagnant aujourd’hui.

Tout le monde raconte un peu sa life. On fait tout ça dans les chansons, mais, je trouve qu’il y a une uniformisation de l’écriture des textes qui fait que c’est très rare de trouver, waouh, quelqu’un qui va vous surprendre.

Maintenant, on a changé notre consommation de la musique. On n’achète plus d’albums, sauf les amoureux du disque, de l’objet, les fétichistes qui viennent acheter  les vinyles et les CD sur place, au merchandising, au concert. Et ça, c’est vachement important parce que ça nous aide, nous, artistes. Et bon, il faut venir voir les artistes sur scène. Je pense que les gens viennent de plus en plus, retrouvent l’envie et la joie de venir aux concerts. Et à nous, en tant qu’artistes, de leur offrir une soirée exceptionnelle, parce que sinon, ils peuvent rester sur leur canapé à écouter leur playlist.

Hédonia Radio : Et alors que le monde de la musique devient de plus en plus difficile, vous avez décidé de créer un label.

Fred : [rire] Ouais, je sais.C’est du grand délire. J’ai la chance d’avoir rencontré quelqu’un qui est complètement fou et qui a les moyens de prendre ce risque. Je lui demande de produire l’album, le prochain album d’Astonvilla, il me dit : « Ouais, OK, mais en fait, non. Je préfère qu’on crée un label, je finance, tu diriges » Je fais : Waouh ! Celui-là non plus, je ne l’ai pas vu venir. La vie est pleine de belles surprises comme ça. 

Donc installer le label à La Rochelle, c’était évident pour moi parce que Paris, il y a tout ce qu’il faut.

Et puis, il y a de plus en plus de gens qui sont venus s’y installer ces cinq dernières années. Donc, on se retrouve un petit peu ici. Moi, j’aime la dynamique qu’il y a et l’inspiration qui se crée dans cet environnement. Je suis toujours en train de bouger, prendre des trains, des avions et des voitures et tout ça. Et j’ai besoin de me retrouver au calme ici. C’est très inspirant, La Rochelle. On a monté un studio aussi avec le label.  Pas un gros studio, mais un studio qui permet quand même de faire des bonnes préprods et préparer des albums. Et les artistes du label nous demandent sans cesse de revenir à La Rochelle parce qu’ils s’y sentent bien.

Hédonia Radio : C’est quoi le rôle d’un label, justement ? Il y a une différence avec la maison de disque ?

Fred : C’est pareil. Il n’y a que le mot qui change. Nous, on l’appelle maison d’artiste. Mais label, parce que c’est indépendant, ce n’est pas lié à une major, avec des grands groupes financiers derrière. Donc c’est pour ça qu’on dit label, c’est avec des financements indépendants avec nos moyens. On monte des bureaux à Paris. On a l’ambition d’être un très beau label indépendant qui s’appelle Delco Music. Vous pouvez envoyer vos sons via le site delcomusic.com. Je trouve que c’est une suite logique en tant qu’artiste musicien qui a fait trente ans de live comme ça, de devenir producteur, éditeur, parce qu’on produit, on édite et on fait le tour aussi.  Et puis, il y a une équipe expérimentée, on est vraiment structuré, équipé pour accueillir des jeunes artistes émergents. On prend le pari d’aider et d’accompagner à tous les niveaux des jeunes artistes et pas d’attendre qu’ils aient cent mille followers, un million de streams.

Nous, c’est l’émotion, c’est le choc émotionnel, c’est le coup de cœur. Ça, c’est un peu se démarquer, c’est notre signature.

Hédonia Radio : Je crois que c’est une belle conclusion. Si on ne devait garder qu’une de vos chansons, la maison brule il faut sauver une bande, ce serait laquelle ?

Fred :  Waouh !  De jours comme de nuit. Parce que elle marque une période importante pour moi, cet album, l’époque et beaucoup, beaucoup de fans du public ont fait beaucoup d’enfants sur cette chanson. Merci Fabien. Et longue vie à Hédonia. Je suis ravi. C’est bien qu’il y ait toute cette force musicale pour les artistes et la diffusion.

 

 

Laisser un Commentaire

Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.