L’acteur Arnaud Ducret et le réalisateur Emmanuel Patron sont venus présenter leur comédie « Chers Parents » au CGR Les Minimes à La Rochelle. Une comédie réussie sur les relations familiales et l’argent, adaptée de la pièce à succès éponyme
Écoutez l’interview :
Hédonia Radio : Emmanuel Patron et Arnaud Ducret, vous êtes venus nous présenter votre dernier film, Chers Parents, avec Miou-Miou, André Dussollier, Pauline Clément et Thomas Solivérès.
Alors, Emmanuel, Chers Parents, c’est un peu votre bébé, parce que c’est la pièce de théâtre que vous avez adaptée au cinéma, que vous avez écrite avec votre sœur Armelle, dans laquelle vous avez joué.
Emmanuel Patron : Avec Armelle, on écrit depuis, depuis une quinzaine d’années ensemble. On écrit beaucoup sur la famille. On écrit pour la télé en général et on a toujours des sujets un peu imposés, et là, au théâtre, on a une liberté totale. On s’est dit : « On va écrire une pièce sur la famille, mais sur qu’est-ce qui pourrait faire exploser une famille ? » C’est ça qui nous intéressait. Évidemment, en bon scénariste, on a envie de savoir… C’est le conflit qui nous intéresse. Quand une famille s’aime ou des gens s’aiment, c’est chiant. Ça existe sûrement, mais bon, ce n’est pas très intéressant à voir au cinéma ni sur une scène de théâtre. Et très vite, on s’est dit que l’argent pouvait être un élément déclencheur très important pour le conflit dans la famille, dans ce qui est ce microcosme, où il y a toujours des histoires assez passionnantes qui se passent.
Hédonia Radio : Pour rappeler l’histoire, c’est donc des parents qui gagnent au loto et qui ne partagent pas forcément avec leurs enfants.
Emmanuel Patron : Oui, parce qu’ils ont un but. Les parents ont envie de faire quelque chose ensemble et surtout, ils pensent que trop d’argent peut foutre en l’air la famille et ils n’ont pas tort.
Hédonia Radio : A quelle moment vous avez décidé d’adapter la pièce en film ? Parce que on ne l’a pas encore dit, mais la pièce connait un succès phénoménal, elle se joue depuis 4 ans; vous avez été nommés aux Molières…
Emmanuel Patron : En fait, c’est un copain producteur, Yves Arondeau, le producteur de Bonne Pioche, qui est venu assister à la lecture de la pièce et qui nous a dit très vite: « Moi, je pense qu’il y a un sujet intéressant ». Après, les gens de SND, les coproducteurs, sont venus voir le spectacle.
On s’est mis d’accord sur l’adaptation, et sur le fait que j’allais réaliser aussi, alors que c’était ma première réalisation.
On leur a dit : c’est OK, mais à une condition, c’est que c’est moi qui réalise.
Ils m’ont dit : Mais Manu, t’as jamais rien réalisé.
Je leur dis : Oui, mais c’est comme ça ou c’est rien.
Hédonia Radio : C’est-à-dire que vous ne vouliez pas être dépossédé de votre histoire ?
Emmanuel Patron : Voilà, exactement. Ce qui nous arrive très souvent avec Armelle, quand on écrit des films, tout d’un coup, on le donne à un réalisateur, mais c’est normal, après, le réalisateur ou la réalisatrice va s’emparer, c’est un auteur aussi, va réinterpréter ce qu’on écrit.
Et voilà, et là, on n’avait plus envie de ça.
Et cette histoire, en plus, en effet, vous l’avez souligné, on l’a écrite, mise en scène.
Moi, je l’ai jouée. Je veux dire, je pense que personne d’autre n’aurait pu raconter l’histoire, entre guillemets, avec beaucoup d’humilité, mais aussi bien que aussi mieux ou aussi sincèrement, en tout cas, que moi et que ma sœur, avec ma sœur, à l’ adaptation.
Hédonia Radio : Alors, Arnaud Ducret, vous êtes arrivé dans ce projet comment ? Parce que vous ne jouez pas la pièce au théâtre.
Arnaud Ducret : Oui, c’est que dans le film. Je reprends le rôle d’Emmanuel. En fait, j’avais vu la pièce trois mois avant qu’on me propose le film.
Oui, la pièce se joue depuis très longtemps et j’ai une amie qui jouait dedans, Arielle Sémenoff, que j’embrasse, qui m’a di t: viens me voir. Donc j’y suis allé, j’ai beaucoup aimé la pièce.
Et deux mois plus tard, mon agent m’appelle en me disant : Tiens, regarde, ils vont adapter le Chers Parents au cinéma. Donc déjà, il y avait… Je le dis parce que j’avais beaucoup aimé la pièce, il y avait quatre-vingt pour cent du travail qui était validé.
L’adaptation était superbe. Donc j’ai dit oui assez rapidement.
Puis alors André Dussollier, Miou-Miou, Pauline Clément, Thomas Solivérès, il y avait un beau casting.
Hédonia Radio : Donc, vous avez le rôle du fils aîné, Pierre, qui a des valeurs un peu opposées à celles de ses parents. Enfin, au moins, c’est ce qu’on peut croire.
Arnaud Ducret : C’est ce qu’on peut penser. En tout cas, opposé à celle de la mère. [rires] parce qu’en fait, c’est un peu la loi de la famille, c’est que le mec, il dit jamais rien, mais en fait, il y en a toujours sous le tapis un peu.
Je suis celui qui a le plus réussi. Mes frangins me disent : « Mais toi, le pognon, t’en as moins besoin que nou »
C’est toutes les questions que se pose ce film, et l’argent vient s’immiscer dans la famille et détruire un peu, effriter un peu tout ça. Mais en fait, moi, j’ai une famille, j’ai des enfants. Je fais avancer la France. Pour l’instant, tu ne travailles pas. Enfin, voilà, il y a plein de choses qui se posent et mon personnage est celui qui a le plus réussi, Pierre.
Hédonia Radio : Emmanuel, vous avez donc écrit sur la fratrie. C’est extrêmement bien montré. Tous ceux qui ont des frères et sœurs se reconnaîtront dans votre film. Ça m’a fait aussi penser à Un air de famille. Le rapport des frères et sœurs. On retrouve cette veine-là.
Emmanuel Patron : Enfin, en tout cas… C’est mes maîtres. C’est une grande source d’inspiration. Avec Un air de famille, aussi Le Goût des autres, qui est pour moi un chef-d’œuvre absolu.
Mais c’est vrai que pour le cinéma ou le théâtre, l’écriture d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri nous a beaucoup inspiré. Et Agnès Jaoui est venue voir la pièce d’ailleurs. Ça a été un moment d’émotion intense.
Hédonia Radio : Vous écrivez avec votre sœur, alors comment on travaille avec sa sœur ?
Emmanuel Patron : On travaille bien parce qu’en écriture, on a un répondant très vite. Donc en fait, travailler, écrire tout seul, c’est très compliqué, parce qu’on n’a pas personne qui nous dit en face : Ce que tu fais, c’est nul, c’est de la merde ou c’est très bien.
Nous, on travaille dans le même bureau au début des projets, pour quand on brainstorme sur une structure, sur un sujet, sur une histoire. Après, chacun va chez soi pour écrire les dialogues.
Après, on se renvoie les trucs, on se retrouve, on partage, on se corrige.
Mais on a un répondant et c’est le même répondant qu’on a eu avec les producteurs quand on a fait l’adaptation.
On a besoin de critiques, on a besoin d’un mur…
Pour bien travailler, il nous faut, il faut que quelqu’un en face de nous, nous dise : C’est bien, continue ou non… Et on peut progresser uniquement si on a ce ping-pong et cet avis contraire.
Quand je dis à Armelle ou quand Armelle me dit : »Manu, ça, j’y crois pas, c’est pas bien », je le prends pas personnellement du tout.
Arnaud Ducret : Moi qui écris avec Tom Villa, qui n’est pas mon frère, je crois surtout que c’est parce que il n’y a pas d’ego, comme tu dis. Même pas que ce soit ta sœur, je pense, parce que des fois, ça pourrait être même plus compliqué.
Mais je pense que c’est parce que vous n’avez pas d’ego.
Et puis, il y a un truc qui se fait naturellement comme ça, parce que moi, je n’ai pas d’ego aussi avec Tom. Tom, des fois, me dit : Putain, Arnaud, c’est pas drôle.
Ouais, non, c’est nul. Non, Tom, enlève ça.
Mais je crois que c’est parce que vous avez beaucoup de respect, puis vous avez tous les deux une vraie fibre d’auteur et vous êtes là pour le sujet.
Moi, j’écris à deux. Seul ? Ah moi, je ne peux pas.
De ma nature, j’ai toujours aimé être entouré, tout le temps.
C’est-à-dire que j’ai besoin d’avoir en face de moi le miroir de ce que je vais dire, et de voir mon pote, mon coauteur, Tom, qui est aussi un auteur formidable et comédien, et très drôle, d’avoir un mec qui rit et puis d’avoir quelqu’un qui me dit : « Bah non ».
Moi, j’ai besoin de me lever, de dire des trucs pour que tout d’un coup : Attends, j’ai pensé à cette scène. Je me lève et je commence à jouer la scène. Et Tom, il est là, il me regarde, il me fait : Ouais, ouais, ouais, vas-y, continue. J’ai un vrai bonheur à travailler avec quelqu’un, en ping-pong.
Hédonia Radio : Emmanuel Patron, vous avez dû réécrire tous les dialogues pour le film ? Ça se passe comment quand on passe d’une pièce de théâtre à un film ?

Emmanuel Patron : 80% de la pièce est dans le film. On a coupé parce qu’en effet, d’un coup, on écrit plus pour l’œil, pour l’image, avec tous les moyens techniques du cinéma.
C’est-à-dire le son, la musique, les gros plans, les décors extérieurs, etc., les cascades, les animaux, [rires] qu’il y a dans le film.
On a coupé et réinventé complètement la fin sur le film. En effet, les vingt dernières minutes n’existent pas, de fait, sans spoiler le film.
Elles ne peuvent difficilement exister au théâtre. C’est une grande scène d’extérieur qui n’existait pas et qui vient clore le film.
Et pour revenir sur ce que disait, Arnaud, très justement, en fait, mais on a un ego, évidemment, un peu surdéveloppé. On n’est pas acteur pour rien, mais en tout cas, il est bien placé.
Et en effet, accepter les critiques de l’autre, c’est la première des qualités.
Mais c’est vachement important….Et c’est vrai que moi, j’ai retrouvé ça dans le travail avec Arnaud, qui accepte et qui demande des indications. J’ai pas le temps de finir ma phrase quand on travaille avec lui, qu’il a déjà deviné ce que je voulais faire.
Hédonia Radio : Et justement, il y a de l’impro avec Arnaud Ducret ?
Arnaud Ducret : Non, non, non, non, c’était tellement bien écrit. Puis il avait déjà tellement la musique en tête. Moi, je trouve que les gens qui te disent : « là, il y a des fulgurances d’impro », mais il faut que, s’il y a une fulgurance d’impro, il faut que le texte, les bases de la maison soient vraiment fortes.
Et là, tu peux commencer à t’amuser. C’est comme une partition, on revient là-dessus, t’as la partition de jazz, tu suis et là, tu peux t’envoler. Parce que la partition, elle est là, ça tient à bout. Mais là, c’est très dialogué, c’est déjà très bien dialogué. Ce que je vais rajouter ne sera pas meilleur que ce qui est déjà écrit, je pense.
Emmanuel Patron : Mais il y a eu quelques petites envolées lyriques des acteurs, avec des propositions. Arnaud fait beaucoup de propositions, justement, que j’ai gardées.
Toutes les fins de scène, il y a eu plein de choses rès personnelles, qui enrichissent, qui donnent quelque chose de très présent, de très vivant, de très frais. Et c’était vachement important aussi parce que c’est très écrit.
Moi, j’avais besoin aussi de cette véracité, de ce truc un peu organique qui sort d’un coup, la personnalité. Il y a un petit truc en plus et ça, je prends. Ça, je prends, mais avec gourmandise. Ça, j’adore.
J’ai repris des trucs d’Arnaud. J’ai rejoué Pierre, donc son rôle. Un personnage, le personnage de Pierre, il n’existe pas, il n’existe que par rapport à l’acteur qui va l’interpréter. Parce que Arnaud et moi, on est très différents. Ça a été joué par d’autres acteurs aussi au théâtre. Chaque Pierre est différent et le Pierre d’Arnaud au cinéma, il n’y en a qu’un et c’est lui.
Dans le rôle de Pierre, que j’ai repris au Théâtre de Paris pendant dix jours, là, parce que l’acteur était plus là, j’ai repris des choses que Arnaud a apportées au rôle au cinéma, que j’ai trouvées super drôles. Et ça, je l’ai pris et ça a marché très très bien.
Hédonia Radio : Et alors, c’est vraiment pas contre vous, Arnaud, mais vous n’avez pas repris les comédiens de théâtre pour faire le film ?
Emmanuel Patron : Non, pour deux raisons…En effet, le cinéma, c’est une économie très différente.
Les producteurs investissent beaucoup d’argent. Alors, il faut aussi que es acteurs qui jouent le film soient connus; parce que les gens aussi ont besoin d’aller voir des gens qu’ils connaissent au cinéma.
Et puis, il y avait aussi le fait de vouloir complètement changer aussi. Le film Chers Parents, ce n’est pas la pièce Chers Parents. C’était important pour moi aussi qu’il y ait une distribution nouvelle pour raconter l’histoire différemment. Et comme je disais, les personnages n’existent pas. Ils n’existent que par rapport aux acteurs qui vont les interpréter. Et là, tout d’un coup, on a une autre histoire.
On n’a plus Bernard Alane, on a André Dussollier. Mais ceci dit, Bernard Alane et Frédérique Tirmont, qui ont créé les rôles des parents au théâtre sont dans le film, dans le rôle des voisins, qui n’existent pas au théâtre. Et ils ont accepté avec joie. Et les producteurs aussi.
C’est marrant d’ailleurs, parce que André Dussollier, quand on lui a proposé le rôle, m’a dit : « Écoute, Manu, moi, j’adore, je voudrais le faire, mais je connais bien Bernard Alane ». Ils étaient au conservatoire ensemble et ils se connaissent tous, en fin de compte, c’est génial. Et, André m’a dit : Écoute, Manu, moi, je voudrais être sûr qu’avec Bernard, il n’y ait pas de problème.
Et donc je suis allé voir Bernard. Et il me dit : « Mais Emmanuel, André Dussollier, qui joue Vincent Gauthier, c’est une merveille ! Mais, mais qu’il y aille et c’est formidable. »
En fait, moi euh… Mais c’est vrai que nous, on sait un peu quand on crée une pièce, il y a toujours ce petit problème, en effet, quand on fait un film. Alors, « Le prénom » ne l’a pas fait. Mais voilà, il y avait, il y avait Patrick Bruel, donc c’était même pas la peine.
Ce qui fait le charme et le succès de la pièce, c’est que nous, on a créé cette pièce avec cinq acteurs absolument pas connus, connus uniquement au théâtre. Et donc, il n’empêche que ça fait jurisprudence. Parce que la pièce a marché avec cinq acteurs absolument pas connus. On était plein en trois mois. Donc, ça marche aussi au théâtre.
Au cinéma,c’est pas la même économie, c’est pas la même démarche.
Hédonia Radio : Alors vous, c’est votre premier film en tant que réalisateur.
Emmanuel Patron : C’est une grosse pression, ça fait très longtemps que je veux réaliser.
Alors, j’ai travaillé avec les acteurs. Ça fait longtemps que je bosse avec des acteurs, que je les mets en scène, que je les fais travailler. Ça, c’est un truc que j’adore. J’adore les acteurs.
J’adore arriver à essayer de communiquer, à parler avec eux pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes dans une histoire. Moi, j’aime bien qu’on raconte des histoires.
Et la réal, moi, j’y pense depuis très longtemps. En fait, ce que j’ai découvert, ce qui m’a paru dingue, c’est cette machine du cinéma, quand elle se met en marche, le nombre de personnes que ça implique. Et surtout, de voir, tous les matins, il y avait cinquante techniciens sur le plateau, on était cinquante à bosser.
Tous les gens, toutes les personnes sont là, avec leur talent et leurs particularités, pour faire en sorte que le film que tu veux faire soit le mieux possible et corresponde à la vision du metteur en scène.

Tout le monde est là pour faire un film. Les acteurs, les techniciens, tout le monde est là pour raconter ton histoire. Et ça, c’est absolument bouleversant.
Tous les gens sont là à sept heures du mat’ pendant dix heures pour raconter ton film, pour fabriquer ton film. Et ça, c’est une création collective, vraiment artisanale et collective qui m’a chamboulé.
C’est merveilleux. Il y a beaucoup de bienveillance.
Arnaud Ducret : Mais il y a un truc qu’Emmanuel a appris, je crois, en réalisant un film, c’est que tu ne pouvais pas éclater de rire pendant les prises.
Emmanuel Patron : [rire] Oui, c’est vrai. [rire] Oui, c’est vrai que j’ai appris. Moi, j’adore apprendre. Et là, j’avoue qu’en faisant un film, tout d’un coup quand on parle du casting ou même du montage à la fin, c’est-à-dire qu’on apprend des trucs, mais fabuleux.
Et en effet, au début euh, j’ai, je me suis fait virer du plateau par mon premier assistant- [rire] Parce que je rigolais. _Eux, rigolaient pas du tout, ils jouaient la scène.
J’avais demandé aux acteurs qu’ils apprennent le scénario par cœur. Donc, ils connaissaient le film par cœur, parce qu’on tournait parfois des scènes de 5,6,7,8,9 minutes sans s’arrêter. Il y avait une espèce de ping-pong comme ça. Après, je me débrouillais avec mes caméras pour choper ce qu’il y avait choper, mais il fallait qu’eux soient dans le jeu, complètement dans le jeu.
Ça, c’est Agnès Jaoui et Bacri qui me l’ont appris aussi en regardant leur film. Il faut que les acteurs, ils soient libres, ils se sentent bien, ils jouent, ils jouent pour eux et entre eux.
Un bon acteur, il joue. Un bon acteur, il est par rapport à son écoute et à comment il joue avec l’autre.
Sinon, c’est un mauvais acteur. Et eux, je voulais qu’ils jouent ensemble et ils ont joué ensemble.
Et moi, j’avais mon casque, donc je m’entendais pas. Et un combo devant, le combo, c’est l’écran vidéo qui retranscrit ce que la caméra filme. Et je riais très fort. Je riais très fort parce que c’était très drôle ce qu’ils faisaient. Eux riaient pas du tout, mais ils étaient tellement sincères dans ce qu’ils racontaient, que ça me faisait marrer.
Et en effet, j’ai appris donc à me taire.
Hédonia Radio : Arnaud, vous avez déjà réalisé ?
Arnaud Ducret : Je viens de réaliser un prime pour TF1, que j’ai coécrit, que je produis, qui s’appelle Panique au grand magasin. C’est la suite de Panique au trente-et-un, que j’avais tourné.
Hédonia Radio : C’est celui-là que vous avez fait avec Philippe Croizon. C’est le parrain d’hedonia Radio.
Arnaud Ducret : D’accord. il a été formidable. Il est à mourir de rire. Sonpassage est très drôle et très juste. Et oui on l’a réalisé tous les deux avec Tom Villa, mon acolyte… et le cinéma bientôt, j’espère.
J’adorerais.
je pense qu’avec Manu, on s’entend bien parce que moi,en tant qu’acteur, quand je suis sur un plateau, je travaille pour la situation, je joue pour la situation. Je ne me dis jamais en arrivant : »Il faut absolument que je sois drôle, que les gens me regardent. » Il y a des acteurs qui font ça. Il y en a plein. Moi, je joue pour la situation. C’est vraiment important de se dire : il faut que la situation, donc l’acteur qui est en face de moi, l’actrice, je ne souhaite qu’une chose, c’est qu’elle soit la meilleure, pour que la scène soit la meilleure possible.
Emmanuel a ce truc-là, il aime les acteurs, donc il, il travaille pour la situation.
Et donc moi, en tant que réal, je l’ai eu sur le programme que j’ai fait pour TF1, qui est passé le 15 décembre 2025, j’avais Victoria Abril, j’avais François Morel… Alors, autant soit peu que je puisse dire que je les dirige, en tout cas, je peaufinais les choses et il y en a que je dirigeais plus.
Et c’est formidable de pouvoir mettre en scène et de faire sublimer des acteurs qui t’ont dit oui à ton projet et que tout d’un coup, il y a un truc, tu leur dis : »Ben, moi, je pense que ça serait peut-être mieux si bien que tu puisses les diriger. » Et tout d’un coup, bam ! C’est génial, ils sont drôles. Alors là, c’est un cadeau extraordinaire.
Hédonia Radio : Chers parents, c’est un très beau film qu’il faut aller voir. Souvent, parfois, quand on regarde la bande annonce d’un film, on se rend compte que tout est dans la bande annonce. C’est carrément pas le cas dans votre film. C’est-à-dire que la bande annonce est à la hauteur du reste du film.
Je pense qu’il faut même retourner le voir une deuxième fois, une troisième fois, parce que je suis sûre qu’on est passé à côté de certains dialogues.
On rit, on réfléchit aussi après, sur sa famille, sur la situation familiale, sur ses frères, sur ses sœurs, sur l’argent.
Emmanuel Patron : Merci de votre enthousiasme. C’est, c’est très agréable.
J’adore ce que, ce que vous dites. [rire]
Hédonia Radio : Et vous Arnaud, Merci car vous jouez divinement bien. Merci. Et ça devait être très agréable d’être le fils de Miou-Miou et d’André Dussollier.
Arnaud Ducret : J’ai déjà joué avec André Dussollier, un colocataire dans « adopte un veuf »
avec Bérangère Krief, et je le dis à chaque fois pour vous dire à quel point il est super André.
J’avais un petit monologue devant lui. Je me rappelle, j’avais très bien travaillé, j’avais pris ma coach et tout, j’avais bossé tout le film. Et je joue la scène devant André, qui juste me regarde, parce qu’il faisait le contrechamp.
Il me regarde et me fait : »Arnaud, j’apprends. » [rire] Ah, génial ! Je me suis dit : »André, non, c’est bon, je pense que tu as largement tout ce qu’il faut. » Quand tu as un grand acteur, qui te dit un truc comme ça, à un jeune mec qui arrive, tout d’un coup, c’est la bienveillance des grands acteurs.

